Véronique Brahy
Comment une école peut-elle aider les jeunes à s'épanouir ? Véronique Brahy montre comment le soin, la collaboration et l'attention contribuent à l'égalité des chances et à une société juste.
Prendre soin, c’est d’abord écouter, être disponible et respecter chaque jeune.
Véronique Brahy
Là-bas, les jeunes acquièrent non seulement des connaissances, mais aussi confiance en soi, stabilité et la possibilité de développer leur potentiel. Son expérience illustre combien l'attention, l'éducation et la solidarité sont indissociables.
Lorsqu'un élève de 16 ans a appris qu'il deviendrait aveugle, ses perspectives d'avenir se sont effondrées. Son rêve de devenir chauffeur routier s'est envolé et il s'est isolé. Heureusement, il n'a pas été laissé seul face à cette épreuve à l'école. Des enseignants, des camarades et des partenaires extérieurs, comme la Ligue Braille, l'ont aidé à aller de l'avant, pas à pas. Il a déclaré plus tard : « L'école m'a sauvé. Pas seulement les adultes, mais aussi mes amis.»
Cette histoire montre toute l'importance de l'attention à l'école. L'école est bien plus qu'un lieu où les jeunes apprennent à lire, à compter ou à obtenir un diplôme. C'est aussi un environnement où la confiance se construit et où les jeunes trouvent de nouvelles perspectives d'avenir.
L’attention est essentielle à la prise en charge
Dans une société où de plus en plus de jeunes grandissent avec des soucis financiers, des problèmes de santé ou des situations familiales difficiles, le rôle de l’école prend une nouvelle dimension. Pour Véronique Brahy, la prise en charge ne commence pas par des solutions, mais par une attitude.
« La prise en charge commence par l’écoute, la disponibilité et le respect des jeunes. C’est ainsi qu’ils se sentent importants. » Les jeunes qui se sentent écoutés osent reconstruire la confiance, demander de l’aide et saisir de nouvelles opportunités. Cela exige du temps, de l’engagement et une équipe scolaire qui regarde au-delà des seuls résultats scolaires.
Les soins sont une responsabilité partagée
L’école peut faire la différence, mais elle ne peut pas le faire seule.
À La Providence, les enseignants travaillent en collaboration avec une psychologue, une orthophoniste, une assistante sociale et des organismes externes pour offrir aux élèves le soutien adapté. « On ne peut pas dissocier l’éducation, le bien-être et le soutien social. Ils se renforcent mutuellement. »
Selon Mme Brahy, cette collaboration est essentielle. La prise en charge se concrétise lorsque l’éducation, le bien-être, les soins de santé et les familles se soutiennent mutuellement. Cela nécessite également une meilleure coordination. Aujourd'hui encore, les organisations travaillent trop souvent côte à côte, alors que la collaboration peut en réalité offrir plus de sérénité et un meilleur soutien aux jeunes.
On ne peut pas considérer l'éducation, le bien-être et le soutien social séparément. Ils se renforcent mutuellement.
Véronique Brahy
L'école est le reflet de la société
Les difficultés que rencontrent les jeunes à l'école révèlent aussi des aspects de la société dans laquelle ils grandissent. De nombreuses familles subissent des pressions financières, de l'incertitude, ou un manque de temps et de soutien.
« Pour beaucoup de nos élèves, la COVID-19 n'a pas été une pause. Elle n'a fait qu'aggraver une situation déjà difficile. » Selon Brahy, les jeunes ressentent également les conséquences d'une société où la promiscuité est de plus en plus forte. « La technologie offre de nombreuses possibilités, mais elle facilite aussi le repli sur soi. »
C'est précisément pourquoi l'école demeure un lieu de rencontre essentiel. Un lieu où les jeunes se sentent écoutés, où les adultes prennent le temps de les écouter et où les liens peuvent se renouer.
La solidarité s'apprend ensemble
Une société bienveillante ne se construit pas d'elle-même. Elle se développe lorsque les jeunes font l'expérience, dès leur plus jeune âge, du sens des liens et des responsabilités. C'est pourquoi, à La Providence, les jeunes apprennent non seulement des matières scolaires, mais aussi à vivre ensemble, à s'entraider et à prendre soin des autres.
Dans certaines cultures, la solidarité n'est pas l'exception, mais une composante naturelle du quotidien. Nous pouvons beaucoup apprendre de ce lien. Selon Brahy, c'est peut-être l'une des missions les plus importantes des écoles. Quiconque fait l'expérience de la solidarité durant sa jeunesse en garde un souvenir impérissable. « Quiconque fait l'expérience de la solidarité à l'école en garde également un souvenir impérissable. »
Investir dans l'école, c'est investir dans la société
Selon Brahy, une société bienveillante ne prend pas naissance dans un hôpital ou un foyer d'accueil, mais bien plus tôt : à l'école. C'est là que les enfants et les jeunes acquièrent non seulement des connaissances et des compétences, mais aussi le sens des responsabilités, le vivre-ensemble et l'entraide.
Cela exige un soutien suffisant aux écoles et une étroite collaboration entre les secteurs de l'éducation, du social et de la santé. Non pas comme une tâche supplémentaire, mais comme une responsabilité sociale partagée. « La bienveillance à l'école, c'est œuvrer pour une société plus juste.»
L'histoire de La Providence montre que la bienveillance va bien au-delà des seuls soins de santé. Elle commence par l'attention, la confiance et la conviction que chaque jeune compte. Lorsque les écoles, les familles, les organismes sociaux et le système de santé travaillent ensemble, une société émerge où les jeunes peuvent s'épanouir et développer leur résilience.
« Chaque jeune qui se sent écouté et soutenu a davantage de chances de trouver sa voie. C'est toute la société qui en bénéficie. »
Prendre soin à l’école, c’est préparer une société plus juste.
Véronique Brahy