Sally Scholz
Qu’est-ce qui rend une société bienveillante ? Selon la philosophe Sally Scholz, la réponse commence par le fait de prêter attention aux autres.
Le soin inclut non seulement la satisfaction de besoins immédiats ou la préservation de la santé, mais aussi l’entretien de conditions à long terme qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir.
Sally Scholz
L'attention et la solidarité ne sont pas de simples solutions aux crises, mais constituent le fondement d'une société où les individus et les communautés peuvent s'épanouir.
Quand on parle d'attention, on pense souvent aux hôpitaux, aux soins à domicile ou à l'entraide. Pour Sally Scholz, l'attention est bien plus vaste. Elle concerne notre manière de vivre ensemble et de nous entraider.
L'attention commence par la bienveillance
Pour Sally Scholz, une question est essentielle : comment les individus et les communautés peuvent-ils s'épanouir ensemble ? Selon elle, une attention de qualité commence par la bienveillance. Non seulement par la prise en compte des besoins immédiats, mais aussi par l'importance des conditions qui permettent à chacun de s'épanouir et de construire sa propre vie. « J'essaie de comprendre l'attention en tant que chercheuse, mais aussi en tant qu'être humain et citoyenne. Pour moi, l'attention commence par l'engagement.»
D'après Scholz, l'attention n'est donc jamais l'antithèse de l'autonomie. Bien au contraire. Une attention de qualité soutient les personnes afin qu'elles puissent s'affirmer et prendre leurs responsabilités. Elle souligne également l'importance de cette vision au sein des organisations. Un environnement bienveillant ne découle pas seulement d'une structure ou d'une organisation efficace, mais aussi du sentiment d'être vu, valorisé et reconnu.
Bienveillance et solidarité se renforcent mutuellement
Selon Scholz, bienveillance et solidarité sont indissociables. Elles révèlent un aspect fondamental de la société que nous souhaitons construire. « Des soins de qualité préservent les liens entre les personnes. Ils garantissent l'épanouissement de chacun et une répartition équitable des responsabilités.»
Ce dernier point est essentiel. Lorsque la bienveillance repose toujours sur les mêmes épaules, les inégalités se creusent. Une société bienveillante exige donc un partage équitable des responsabilités.
Par ailleurs, selon Scholz, nous oublions souvent que la bienveillance peut aussi être source de joie. « Lorsque les gens se sentent appartenir à une communauté où chacun peut s'épanouir, la joie est également présente. La bienveillance n'est pas forcément un fardeau.» Selon elle, cette dimension positive de la bienveillance mérite une plus grande attention dans le débat public.
La solidarité exige plus que le simple fait d'appartenir à un même lieu. Elle nous invite à prendre nos responsabilités les uns envers les autres.
Sally Scholz
La solidarité se construit au quotidien
La solidarité se manifeste souvent en temps de crise. Mais selon Scholz, elle se construit bien plus tôt. « Pendant les crises, la solidarité devient très visible. Mais si nous l'associons uniquement aux crises, nous oublions son importance au quotidien.»
La solidarité se développe dans les quartiers, les associations, les familles et les écoles. Elle naît lorsque les gens dépassent leurs propres intérêts et prennent leurs responsabilités les uns envers les autres. Cela exige aussi une autre façon de penser. Nos choix ont presque toujours des conséquences pour autrui, ainsi que pour les générations futures. « Être solidaire, c'est regarder au-delà de son propre intérêt.»
Selon Scholz, ce n'est plus une évidence aujourd'hui. L'individualisation, les progrès technologiques et les inégalités croissantes rendent plus difficile le sentiment d'appartenance. Pourtant, selon elle, la solidarité demeure l'un des fondements les plus solides d'une société bienveillante.
L'empathie rend la bienveillance possible
La solidarité exige aussi de l'imagination. Nous devons être prêts à voir le monde du point de vue d'autrui. C’est pourquoi Scholz accorde une grande importance à la littérature, à l’éducation et aux rencontres. Lire un roman, faire du bénévolat ou discuter avec ses voisins contribuent à tisser des liens entre les personnes.
« La solidarité ne se résume pas à de grands mots. Elle se nourrit des petits échanges quotidiens où les gens apprennent à se connaître et tissent des liens de confiance. » La technologie peut y contribuer, mais elle ne doit jamais remplacer les relations humaines.
Une société bienveillante commence près de chez soi
Comment construire une société où l'entraide et la solidarité sont au cœur des préoccupations ? Selon Scholz, cela ne passe pas par de grandes réformes, mais par des choix quotidiens. L'espoir naît lorsque les gens prennent leurs responsabilités les uns envers les autres et construisent ensemble leur quartier, leur association ou leur communauté.
Le mouvement des jardins indigènes est un exemple qui l'inspire. Ces initiatives renforcent non seulement la biodiversité, mais elles tissent aussi des liens et rendent les quartiers plus agréables à vivre. « Un jardin de plantes indigènes est plus qu'un projet personnel. Il reflète nos valeurs et contribue à un environnement où les humains, les animaux et la nature peuvent s'épanouir ensemble. »
C'est précisément dans ces petites initiatives que Scholz voit l'entraide et la solidarité se concrétiser. C'est peut-être aussi la question la plus importante que soulève son récit : comment organiser l'entraide, et comment construire, jour après jour, une société où chacun se sent connecté et où tous ont la possibilité de s'épanouir.
La bienveillance et la solidarité ne naissent pas de grands discours ni de changements radicaux. Elles se développent à travers les choix quotidiens, l'attention portée aux autres et la conviction qu'ensemble, nous pouvons faire la différence.
Sally Scholz