Stijn Vanheule
Selon le psychologue et professeur Stijn Vanheule, la qualité des soins ne repose pas sur des règles, des diagnostics ou des protocoles. « La qualité des soins commence par l'écoute. Qui est cette personne ? De quoi a-t-elle besoin ? Il faut d'abord le comprendre.» Ceci est particulièrement important en santé mentale. Les personnes ne veulent pas seulement être aidées ; elles veulent aussi être vues et entendues.
Les soins vont au-delà du savoir
Bien sûr, les professionnels de santé ont besoin d'expertise. Mais selon Vanheule, cela ne suffit pas. « Il faut aussi savoir écouter, faire preuve d'empathie et comprendre ce que vit la personne. » D'après lui, la qualité des soins naît de l'alliance entre savoir professionnel et contact humain. Personne n'est qu'un simple patient. Chacun a son histoire, sa famille, ses amis et son environnement, autant d'éléments qui influencent le déroulement des choses.
Les rencontres préviennent les problèmes
Vanheule s'inquiète de la disparition des lieux de rencontre spontanés. « Nous menons des vies trépidantes. De nombreux échanges se font en ligne. Mais les rencontres en face à face restent importantes. » Une conversation dans un centre communautaire, un café, une bibliothèque ou à l'école peut faire toute la différence. Ces rencontres permettent de se sentir moins seul. Selon lui, la prévention commence souvent non pas dans un cabinet de consultation, mais dans la vie de tous les jours.
Rapprocher les soins des patients
Aujourd'hui, une grande partie de l'aide psychologique est dispensée en cabinet ou en institution. Vanheule entrevoit également des opportunités en dehors de ce cadre de soins classique. Pourquoi les conversations et les activités de groupe ne pourraient-elles pas se dérouler plus souvent dans un centre communautaire, un centre culturel ou un musée ? « Les lieux où les gens se sentent accueillis facilitent la demande d’aide.» De ce fait, les soins deviennent plus accessibles et moins contraignants ou intimidants.
L'humain reste essentiel, même avec la technologie
Les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle joueront un rôle croissant dans le secteur de la santé, offrant ainsi de nouvelles perspectives. Cependant, selon Vanheule, la technologie ne doit jamais remplacer la relation humaine. « Même si la technologie est utile, il est primordial d'être écouté et traité avec humanité. » Les gens ont besoin d'attention, de compréhension et de confiance. Aucun ordinateur ne peut se substituer entièrement à cela.
Rien n'est toujours sûr
Un autre message important de Vanheule est que les professionnels de santé ne détiennent pas toujours toutes les réponses. « Nous devons apprendre à gérer l'incertitude. » Tous les problèmes n'ont pas de solution immédiate. Il est parfois important de chercher ensemble, de poser des questions et de prendre son temps. Selon lui, les professionnels de santé devraient également pouvoir admettre honnêtement leur ignorance.
De petites initiatives peuvent faire toute la différence
Vanheule observe de nombreux exemples encourageants de soins qui fonctionnent différemment. Les initiatives qui permettent aux gens de se rencontrer, de faire des activités ensemble ou de partager leurs expériences s'avèrent souvent très précieuses. Il ne s'agit pas toujours de grandes institutions ou de programmes coûteux. De petits projets peuvent aussi recréer des liens entre les personnes.
Une société bienveillante
Selon Vanheule, la bienveillance ne doit pas se limiter aux hôpitaux ou aux établissements de santé. Chacun peut contribuer à une société bienveillante. Cela passe par une attention particulière portée aux voisins, aux amis, aux membres de la famille ou aux collègues, par le fait de prendre le temps d'une conversation ou de ne pas perdre de vue une personne.
En résumé
Pour Stijn Vanheule, l'avenir de la bienveillance ne réside pas uniquement dans les nouveaux traitements ou les nouvelles technologies. La plus grande force de la bienveillance demeure la rencontre. « Lorsque les personnes se sentent vues, entendues et accueillies, un espace propice à la guérison, au lien social et à une meilleure qualité de vie se crée.» Une société bienveillante commence donc par une chose simple : se rencontrer et prendre le temps les uns pour les autres.