Fanny Dubois
Selon la sociologue Fanny Dubois, la qualité des soins ne repose pas sur des interventions médicales, mais sur une relation humaine. Elle plaide pour une société où les soins s'articulent autour de l'attention, de la collaboration et du lien social.
Veel meer dan een post op een begroting is zorg om te beginnen het erkennen van een gedeelde menselijkheid.
Fanny Dubois
Qu’est-ce qui donne tout son sens aux bons soins ? Pour Fanny Dubois, la réponse est claire : l’accent n’est pas mis sur la technologie, mais sur la relation humaine.
En tant que secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales, elle constate chaque jour que les soins vont bien au-delà d’un diagnostic ou d’un traitement. Les soins naissent lorsque les personnes prennent le temps les unes pour les autres, collaborent et sont attentives à l’environnement de vie global du patient.
Les soins commencent par la rencontre
Fanny Dubois a elle-même travaillé dans le secteur de la santé pendant de nombreuses années. Deux expériences l’ont particulièrement marquée.
La première concerne un collègue qui s’est assis au chevet d’un patient en fin de vie. Non pas pour lui administrer un traitement supplémentaire, mais simplement pour être présent. La seconde concerne une aide-soignante qui, par son humour et sa présence chaleureuse, redonnait du courage aux patients comme à ses collègues. « Elle n’avait pas de diplôme de médecine, mais elle créait des liens, apaisait les souffrances et donnait aux gens le sentiment d’être reconnus.»
Pour Fanny Dubois, ces deux exemples illustrent une même vérité : les soins commencent par l’attention portée à la personne derrière le patient. Bien plus qu'un simple poste budgétaire, le soin est avant tout la reconnaissance d'une humanité partagée.
La santé dépasse le cadre de la médecine
Selon Dubois, c'est précisément pourquoi les maisons médicales sont si proches du sens originel du soin. Elles regroupent médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, psychologues et assistants sociaux au sein d'une même structure de proximité. Ainsi, elles peuvent non seulement répondre aux questions médicales, mais aussi aborder les problèmes sociaux et psychologiques.
La prévention, la promotion de la santé et la collaboration y sont tout aussi importantes que le traitement. « Les maisons médicales ne sont pas parfaites, mais elles constituent un véritable laboratoire où l'on peut expérimenter une autre approche du soin. » Ce modèle ne vise pas à maximiser les procédures, mais à répondre aux besoins des personnes pour rester en bonne santé.
Onze structuren zitten vol. We hebben niet meer scanners nodig, maar menselijke antwoorden vanuit de gemeenschappen.
Fanny Dubois
Les plus grands défis se situent en dehors de l'hôpital
Lorsqu'elle s'entretient avec des professionnels de santé, Dubois constate que les mêmes préoccupations reviennent sans cesse. Les problèmes de santé mentale, la solitude, le stress, la pauvreté et l'épuisement professionnel sont en hausse. Pourtant, le système de santé reste principalement organisé autour des actes médicaux.
« Nos structures sont saturées. Nous avons besoin non seulement de plus de technologies médicales, mais surtout d'une implication humaine de la communauté. »
Selon elle, de nombreux problèmes de santé ne peuvent être résolus uniquement dans le cabinet du médecin. Le logement, le travail, les relations sociales, les revenus et le cadre de vie influencent également la santé des individus. Cela exige une vision plus globale des soins, impliquant la collaboration de différents secteurs.
Les soins sont une responsabilité partagée
La profession de médecin généraliste évolue elle aussi considérablement. Les nouvelles générations de médecins privilégient de plus en plus les équipes multidisciplinaires et recherchent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Non pas par manque d'engagement, mais parce que les besoins en matière de santé sont devenus plus complexes. « Le médecin généraliste ne peut pas résoudre à lui seul tous les problèmes de la société. »
D'après Dubois, davantage d'acteurs doivent partager cette responsabilité. Psychologues, travailleurs sociaux, écoles, employeurs, collectivités locales et citoyens ont tous un rôle à jouer. La prise en charge des personnes n'est pas l'affaire d'une seule profession, mais celle de la société tout entière.
Ongeacht wat het probleem is, de gemeenschap is de oplossing.
Fanny Dubois
Des soins de qualité exigent du temps
Selon Dubois, une contradiction frappante existe aujourd'hui. Partout, on plaide pour la prévention, la collaboration et des soins centrés sur la personne. Mais en pratique, le temps nécessaire à la réalisation de ces ambitions fait souvent défaut. « Nous élaborons les plus belles philosophies de soins, mais sans le temps de les mettre en œuvre, elles restent des slogans. »
Pourtant, c'est précisément ce temps qui est essentiel. Un dialogue constructif, l'écoute attentive des besoins exprimés lors d'une demande d'aide, ou la recherche conjointe d'une solution permettent souvent d'éviter des problèmes plus graves par la suite. Consacrer du temps aux soins n'est donc pas une perte d'efficacité, mais un investissement dans la santé.
Une société solidaire se construit ensemble
Pour Fanny Dubois, l'avenir des soins ne se résume pas aux seules réformes du système de santé. Elle entrevoit des opportunités surtout lorsque citoyens, soignants, chercheurs et décideurs politiques se rencontrent et réfléchissent ensemble à l'organisation des soins. « Si l'on parvient à rassembler citoyens et soignants dans un esprit de collaboration, une richesse immense se révèle. » Cela exige une ouverture aux autres points de vue et une volonté de collaborer par-delà les frontières sectorielles et organisationnelles. Pour Caruna, cette vision rejoint la question centrale : quelle place voulons-nous accorder aux soins dans notre société ?
Selon Dubois, la réponse repose sur la conviction que les soins ne constituent pas une dépense, mais un investissement dans le vivre-ensemble.